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Le mensuel de l' Aéroclub du Pays de vannes 

 

 

 

 

 

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ACPV News 

N°2 Avril 2020 

Monthly news 

CLOUES AU SOL  ! 

 

"Le COVID 19 plus fort que la météo" 

 

 

C'est le 15 mars 2020, en réunion de bureau, que la décision a été prise de fermer le club. Devançant les mesures gouvernementales, l'instance dirigeante de l'ACPV a pris la difficile résolution de cesser toute activité siné die. 

Souhaitons que rapidement nous puissions lever ce frein à notre loisir. 

 

Votre engagement est important ! 

N'oubliez pas les gestes barrières... 

Soyez assurés, en cette période de confinement, que l'ensemble du conseil d'administration est derrière vous pour vous souhaiter ''bon courage'' et pour vous témoigner de son soutien ainsi qu'à vos proches. 

____________    ACPV News ____________ 

REPORT 

 

L'assemblée générale du club est reportée ! 

Vous serez prévenu lorsque nous aurons plus d'informations sur sa possible tenue. 

____________    ACPV Pub ____________ 

ACPV News, édité par l'aéroclub du Pays de vannes - Directeur de la publication PEG 

IMPORTANT 

 

Suite à de nombreuses demandes de nos lecteurs, nous mettons à votre disposition différents liens de téléchargement concernant le Covid19. 

Lire en page coronavirus... 

________  ACPV Histoires de pilotes _____________________ ACPV Histoires de pilotes  _____________ 

Souvenirs météo 

 

Ce jour là, devant impérativement ramener sur Dijon un avion de démo après une présentation sur Bordeaux, j'avais une obligation, celle de récupérer mes affaires personnelles à l'aéroclub de Montauban, où je m'étais rendu quelques jours auparavant (oubli de ma part).
La météo prise, je décide après mon étape de Montauban, de contourner le massif central en passant par Limoges où le metar du moment annonce un broken à 4 200 pieds, Dijon étant cavok...
Je fais une petite nav bien agréable : Bordeaux, La Réole, Montauban (où comme toujours, l'accueil est des plus sympas) et ayant récupéré mes petites affaires, je décide de maintenir mon trajet initial et de faire une directe Limoges malgré une baisse significative des conditions sur cette région.
Des 3 000 pieds prévus sur Limoges au départ de Montauban, je me retrouve, sur place (à 30 nautiques) avec moins de 2 400 pieds. Rapidement, grâce à mon appli favorite, je reprends une météo, qui m'annonce un overcast sur Limoges, mais un cavok sur Dijon, où je dois me rendre.
Je me dis que les conditions devraient s'améliorer en allant vers l'Est, mais au bout de quelques nautiques, je vois que la situation se détériore, le plafond baisse et malheureusement sous mes roues, il n'y a que sapins et rochers. Je me dis qu'un 180 s'impose. Oups, la couche s'est soudée derrière moi et impossible de retrouver du VMC à moins de descendre et de se retrouver confronté à la rocaille et à la pinède...
Je fais une rapide analyse de ma situation, j'ai du carburant, un avion bien équipé, je me dis que la solution est de grimper, plutôt que de tenter un vachage dans un forêt émaillée de cailloux.
Je me remets en tête les conseils de mon instructeur, la bille, l'horizon, des virages à maxi 10° d'inclinaison et le pilotage !
Allez, j'y vais !
Des 2 200 pieds où je me trouvais, je prends une assiette à cabrer et regarde avec inquiétude l'alti qui augmente, mais sans que je puisse voir autre chose que de la ouate environnante.
4 000 pieds, 5 000 pieds, 6 000 pieds, toujours pas de signe encourageant, mais les paramètres sont bons et je me dis que si je respecte ces paramètres et que je fais bien garde à mon horizon, ma bille et ma vitesse, cela devrait bien se passer !
A 7 000 pieds, enfin une lueur jaune apparaît... Le soleil peut être ?
Oui, à 7 500 pieds, je suis enfin au dessus de la couche et je vois le ciel bleu, le soleil et cet océan de nuages qui me semblent beaucoup plus sympathiques qu'au moment où je les traversais.
Ouf, je vais pouvoir faire le point. Je me cale au niveau 75 et fais un bilan de ce qui m'attend. Dijon est toujours cavok, je suis seul au monde, mais j'ai du carburant, finalement tout va bien !
Je suis à moins de 150 nautiques de Darois (Dijon), à 125 kts, je n'en ai que pour un peu plus d'une heure et ceci n'aura été qu'un mauvais souvenir.
Je me dis, pendant ce petit répit, que j'aurais peut être dû être plus vigileant sur la météo et son évolution, mais, en toute bonne foi, les prévisions permettaient d'envisager ce vol...
Bon, je vérifie les paramètres moteur, tout va bien, je suis à 75% de puissance, une vitesse indiquée de 125 kts et 140kts par rapport au sol, je suis un homme (presque) heureux.
J'arrive à 100 nautiques de Dijon, et ce que je vois me trouble, une énorme masse nuageuse se profile à l'horizon.
Il est vrai que depuis peu, mes roues se rapprochent de la couche, il va falloir songer à monter, j'opte pour le 95.
Je revérifie le metar de Dijon : CAVOK !
Bon, normalement ça doit passer...
Un petit doute m'envahit, je suis constamment obligé de monter, je viens de passer le niveau 105 et je vise le 115, aïe, ouille !
A 35 nautiques de Dijon, je mesure l'étendue des dégâts, ce qui de loin me paraissait être surmontable, se révèle être un monstre qui s'élève, à minima, à plus de 25 000 pieds avec une circonférence inimaginable.
Effectivement, cet espèce de.... se situe bien avant Dijon (d'où le cavok), et semble me dire '' tu sais ce que j'en fais de ta météo moi ? ''
Bon, va falloir réfléchir un peu car le plateau du Morvan, ce n'est pas facile à gérer...
Je regarde dessous, c'est bien blanc, une belle couche, parfaite pour le ski, mais pas évidente pour un petit pilote.
Je prends des météos sur toutes les stations environnantes (en évitant Dijon), cela n'a rien de rassurrant, 1 500 à 1 800 pieds overcast, sachant que le Morvan se situe à une moyenne de 1 800 pieds, ça va pas être simple !
Là, il faut faire preuve d'imagination, j'ai toujours du carburant, mais il diminue, il va falloir trouver une solution rapidement...
Réfléchissons, si je suis overcast à 1 800 pieds, en dessous, je devrais être plus cool non ?
Allez, cherche un endroit, non, trouve un endroit où te poser en dessous de cette salo... d'overcast.
Rien, sur la 500 000 pour les AD, mais mon appli donne aussi les bases ULM, il y en a une dans une cuvette qui plafonne à 800 pieds topographiques. Ca vaut peut être le coup d'essayer, non ?
Je me rapproche de la zone en question, mais pas de trou dans la couche, il y a bien de ça, de là, quelques zones plus grisées, mais rien d'évident.
Je cède à la tentation, je perce sur ce qui paraît être une ''trouée'' et qui me semble moins dense que ce qui m'entoure.
Oups, la descente n'est pas concluante, l'effet ''coton'' augmente au fur et à mesure et je préfère revenir à mon altitude de sécurité (niveau 115).
Là, ça devient pénible, tous les AD proches sont dans la purée de pois, et il va falloir que je me sorte les doigts....
Un des rayons du soleil semble être focalisé sur un point, (je n'ai pas compté tous les rayons, mais celui-là vaut tous les autres), je vais voir, il y a comme une très mince couche à cet endroit, je me dis qu'il faut tenter le coup.
Assiette à piquer, application des paramètres, pilotage, je suis dans une zone où la topo est indiquée à 1 200 pieds, j'ai peut être une chance...
A 1 800 pieds, je crois apercevoir le sol au travers d'un nuage, je continue ma descente en diminuant mon incidence, je suis maintenant à 50 pieds par minute au vario.
Ca y est, je vois le sol, je suis à 1 400 pieds, je lèche la couche, car en bas c'est du lourd, arbres et arbres et arbres.
J'ai à peu près 300 pieds de marge, va falloir serrer des fesses.
Mon GPS m'indique 8 nautiques avant la base ULM, bon l'altitude terrain là bas est de 800 pieds, ça devrait passer.
Bizarrement, je me sens soulagé, j'ai réussi à percer la couche dans l'autre sens, ouf !
Dessous, il n'y a pas beaucoup de hauteur, mais au moins il y en a, cela devrait me suffire.
C'est quoi, là bas ?
Une manche à air, yes, j'y suis !
Je ne cherche pas à comprendre, je vois ce qui me semble être l'entrée de piste, je la vise, les roues touchent, l'herbe mouillée freine mon avion, le badin diminue et marque zéro, ça y est, je suis vivant ! 

Cet épisode, me sert encore de leçon aujourd'hui, quand on a trop la pression, on ne prend pas l'avion ! 

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